« La réalisation consiste à être ce que l'on est. »

- Alejandro Jodorowsky

Ma quête spirituelle a commencé à l‘aube de la vingtaine. Elle m’a menée au pèlerinage des Amériques : j’ai parcouru l’Amérique du Sud, l’Amérique centrale et l’Amérique du Nord par voie terrestre pendant plus de deux ans. J’ai quitté mon pays natal, le Chili. J’ai laissé derrière moi tout ce qui me suivait depuis ma naissance : famille, amis, désamours, des lieux si précieux pour moi, la mer du Pacifique, mon travail, enfin tout. À l’époque, je me souviens avoir ressenti une immense solitude même si j’étais entourée de gens. Une nostalgie profonde m’habitait. Je ne savais pas encore qui j’étais vraiment.

 

Auparavant, je m’étais identifiée à des personnes et à des choses extérieures à moi-même. À l’âge des amours, je me suis confondue aux hommes que j’ai cru aimer. J’ai cherché en eux l’amour et l’acceptation que je n’avais plus pour moi-même. Je ne me retrouvais plus, malgré ma force et ma détermination. J’ai bien reçu ces qualités qui m’ont tant servie, mais les arias de la vie éloignent parfois momentanément de soi-même ceux qui cherchent la plénitude.

Il n’est pas facile de renoncer à ses anciens repères et devoir s’ajuster aux nouvelles références pour se recréer une nouvelle existence, ceci demande d’énormes remises en question. Mais j’avais besoin de me prouver que j’étais capable comme individu habitant un corps de femme de me reconstruire une vie ailleurs. Je me suis lancé ce défi: je voulais me débarrasser de mes peurs, de mes dépendances émotionnelles et physiques. Je savais bien que si je réussissais à me refaire une vie en ne partant de rien, j’allais toujours savoir me reconstruire par la suite. Je savais intérieurement que cela allait me confirmer que lorsqu’on suit le destin avec acceptation, autant des pertes que des gains à faire, on reste intègre à ce qu’on a de plus profond en nous.

 

Mon instinct m’a permis d’être en accord avec cette vie, de vivre en harmonie avec la nature, force divine, d’arrêter de résister, d’écouter, d’apprendre et de vivre sans peur du changement. Ce fut le début du parcours m’amenant vers l’émancipation de mon identité. Le changement est la seule loi à laquelle nous répondons tous, nous ne pouvons pas y échapper.

Le Dharma, philosophie au sein du bouddhisme explique que développer l’équanimité envers les évènements de notre vie, grâce à la compréhension de l’impermanence, du changement continu de toute chose, s’avère la seule voie vers la paix véritable, la joie véritable, l’amour véritable.

Les pratiques alternatives m’ont été introduites très tôt par mes parents. Mes parents sont tous les deux maitres de Reiki. En grandissant, j’ai toujours reçu de l’énergie avant de recevoir un médicament. Mon père, pratique également la méditation depuis aussi loin que je m’en souvienne.

Après une adolescence difficile, à l’âge de 21 ans, je me suis intéressée aux thérapies alternatives. J’ai poursuivi le cheminement auquel mes parents m’avaient initiée. J’ai étudié les niveaux I-II-et III du reiki.  J’étais bénévole dans un centre japonais au Chili qui cible la guérison par la transmission d’énergie. Dans ces mêmes années, j'ai débuté la méditation. Finalement, j’ai découvert le yoga quelques années plus tard. Depuis, le yoga, la pratique de postures asanas et la méditation dyhana font partie intégrante de ma vie.

Étant photographe de profession, mon sens de l’observation a toujours été bien entrainé. Comme photographe, nous devons observer le sujet très attentivement, observer leur mouvement, leur non-dit, pour ainsi reconnaitre et capturer cet instant précis qu’on cherche à immortaliser. Alors, la pratique du yoga a exacerbé en moi une observation minutieuse.  À travers la pratique des postures, j’ai appris à m’observer dans l'action, dans le mouvement. Au travers de mon corps, j’apprends encore à me connaitre, à reconnaitre mes limites et mes forces. Le yoga est un miroir clair et net. Il nous amène du plus grossier au plus petit pour ensuite ouvrir la porte à la méditation. Nous devenons présents. La pratique de la méditation affine le sens de l'observation.

Pendant la méditation, nous observons aussi les mouvements, des mouvements toujours plus subtils, comme le mouvement du mental, de la respiration, des sensations, tout cela dans la quiétude et dans la noirceur, car notre corps reste immobile et nos yeux sont fermés pour un temps déterminé. Nos sens sont retirés de l’extérieur, ils sont ramenés à l'intérieur de soi.  En yoga on appelle cela pratyara. Dans l’observation de soi svadhyaya, se trouve la clé de la transformation. Dans le yoga et la méditation se trouve la voie.

Ça prend du courage pour se regarder objectivement et pour créer le changement qu’on a besoin d’opérer pour mieux vivre. Toutefois, je sais avec certitude que tout changement arrive pour le mieux. Les changements se présentent comme des choix parfois, d’autres fois ils s’imposent à nous. Peu importe leur nature, les changements arrivent toujours pour nous faire grandir et nous exposer à notre réalité. Ils sont une magnifique opportunité pour nous aligner sur nos rêves les plus profonds et devenir ainsi une meilleure version de nous-mêmes.

Le yoga est un outil merveilleux pour naviguer dans cette vie qui est parfois calme, parfois tourmentée. Toutefois, le chemin reste très personnel. Personne ne peut le parcourir pour nous, c’est entièrement notre responsabilité. Il n’y a pas de miracle qui arrive sans effort, il nous faut travailler pour le créer.

Sachez que je me sens privilégiée de pouvoir vous guider, pouvoir vous montrer humblement ce que je connais sur la discipline du yoga pour qu’ensuite, en totale autonomie, vous puissiez parcourir votre vie avec assurance et bienveillance.

 

Merci de votre confiance

Carla Ramirez

 

«Puissions-nous tous être heureux,
puissions-nous tous trouver la paix véritable,
puissions-nous tous être libérés, libérés, libérés.»

- Goenkaji  1942-2013
Précurseur de la meditation Vipassana